Les aventures d'un guignol en Angleterre!

July 27, 2015

 

Dimanche dernier j’ai pris le départ de l’Ironman UK avec comme objectif de me qualifier pour l’Ironman d’Hawaï. Pour une fois mon récit ne portera pas que sur la course, mais sur l’ensemble de mon voyage de l’autre côté de la Manche.

Je décolle de Lyon le jeudi en fin de matinée, ce premier vol me conduit à Bruxelles où je reste en transit quatre heures (j’ai préféré assurer le coup afin que mes bagages me suivent). Comme prévu j’atterris  à Manchester à 17h15, mon vélo m’a suivi dans la soute, je suis content.  Les consignes de Christophe Bastie (mon entraîneur) sont de remonter le bike et d’aller rouler le soir même, une heure, pour vérifier qu’il n’y a pas de problème. Ca commence mal, il me faut deux heures pour récupérer la  voiture de location chez Europcar, il y a des bouchons sur la route, je dois faire des courses pour manger, j’arrive donc à destinations vers 20h45. Je vérifie  qu’il n’y a rien de cassé dans le carton transportant mon matériel, tout à l’air ok, je décide de faire le montage et d’aller rouler le lendemain. Je passe une bonne nuit…

Au réveil je prends un bon petit déjeuner, et je commence le montage. Tout va bien jusqu’à ce que je me rende compte que j’ai oublié une partie de la potence en France !! Comme elle est spécifique à mon vélo LOOK, je ne peux pas aller en acheter une dans le premier magasin venu. Ni une ni deux, j’appelle mon ami PYF qui bosse chez LOOK. Après avoir contacté le distributeur UK qui n’en a pas en stock, il décide de me faire parvenir deux potences avec deux transporteurs différents pour être certain que je reçoive au moins un des deux colis avant le lendemain midi. Je suis soulagé !

Je retourne à l’aéroport de Manchester pour récupérer Anaïs qui est aussi du voyage. L’attente dure un peu plus longtemps qu’espérée puisque sa valise a décidé de rester en transit. Entre temps PYF me rappelle pour me dire qu’aucun transporteur ne peut livrer avant lundi, et m**** !! Avec ma chérie on décide d’aller sur le site de la course peut être que les mécanos sur place auront la pièce manquante ? Et bien non ! Ces derniers essayent de fabriquer une pièce à partir d’une potence « normale ». Après un peu plus de quatre heures d’efforts, on doit se rendre à l’évidence, ça ne fonctionne pas. Je file donc voir les organisateurs pour qu’ils m’aident à trouver un vélo de prêt. Une vingtaine de vélociste a été contacté, aucun n’a pu/voulu m’en prêter un. A ce moment, je suis bien dégouté et je ne vois pas comment je vais pouvoir prendre le départ dans 36 heures. C’est finalement Gael Mainard (mon manager) qui sera mon sauveur, il m’a apporté la potence de France !!  Il est parti en train de Clermont Ferrand le samedi matin pour prendre l’avion à Paris. Son train faisant un arrêt à Nevers, PYF est venu lui apporté la pièce sur le quai de la gare… Merci les mecs vous avez géré !!!!

Le samedi matin en attendant Gaël, je vais nager sur le site de la course, j’en profite pour déchirer ma combinaison… Avec un morceau de gros scotch ça fera l’affaire ! Après cela on retourne à l’aéroport pour récupérer Gael et la valise d’Anaïs. Je me rase les jambes sur le parking chaque minute est comptée. En effet le parc à vélo ferme à 16 heures, on doit passer avant à T2 pour poser les affaires de course à pieds et filer ensuite à T1 pour poser le vélo. Sur l’Ironman UK la T1, la T2 et l’arrivée ne sont pas au même endroit, ce serait trop simple ! J’ai obtenu un délai de l’organisation pour poser le vélo à 17h30. Lorsque ce fut chose faite, on décide d’aller reconnaître une partie des 180 kilomètres (j’aurais aimé le faire en entier, mais je n’ai pas pu faute de temps).

Le dimanche, jour de course, le réveil sonne à 3h41. J’ai dormi comme un bébé et je n’étais pas le seul. Après un désormais traditionnel bol de riz on prend la route sous la pluie et avec le vent.

Le parcours natation est composé de deux boucles de 1900 mètres avec une sortie à l’Australienne. En vélo, le tracé propose un peu plus de 1600 mètres de dénivelé positif pour un gros 1400 de dénivelé négatif. Les 180 kilomètres sont découpés en un aller d’environ 16 kilomètres, puis deux tours et une dernière ligne droite de huit kilomètres. Le marathon offre un dénivelé de 358 mètres (à ma montre), il se fait sur un aller puis sur une boucle à faire trois fois.

En natation, malgré le petit kilométrage des jours précédents, je me sens bien. Je nage au coude à coude avec C.Fraser pendant 700 mètres puis je reste dans les pieds. Je prends un relais environ 700 mètres plus loin. J’en profite pour accélérer l’allure et faire des changements de rythme. Le deuxième tour est plus compliqué puisque l’on est obligé de zigzaguer afin de doubler des groupes d’âges. Je sors deuxième de l’eau, à quatre secondes, derrière le futur vainqueur D.Mac Namee. C.Fraser est une vingtaine de secondes plus loin.  

A la sortie je bouche ces quatre secondes. Anaïs me dit de bien me couvrir car il fait très froid, j’enfile donc un maillot de vélo et des manchettes. Lors du dernier virage pour rejoindre mon vélo je glisse et je chute ! Sur le coup j’ai bien mal, mais je me relève directement et je ne sentirai rien sur le reste de l’épreuve.

Le premier aller en vélo est assez plat, C.Fraser revient rapidement sur nous. Avec D.Mac Namee nous nous relayions en tête de course. Au niveau du temps c’est le déluge, il fait froid (sept degrés à mon compteur, ça change de la chaleur Stéphanoise), il pleut, je suis gelé, j’en arrive à me demander ce que je fais là. Le fait de me dire que c’est pareil pour tout le monde me réconforte ! Au pied de la grosse bosse du parcours C.Fraser attaque, j’essaye de suivre mais je vois que le rythme est trop élevé pour moi je reste donc sagement dans mon tempo. Cinq kilomètres après, D.Mac Namee attaque à son tour. Même combat,  je reste sur mon tempo. Après une heure sur mon LOOK je suis tellement gelé que j’ai du mal à passer les vitesses et que je n’arrive pas à attraper mes barres dans ma poche arrière. J’arrive cependant à rester dans ma course. Vers le 60ème kilomètre, je déraille, malgré la patte anti déraillement, en pleine montée. Cette même patte, qui sur ce coup là ne m’a servi à rien, me gêne pour remettre ma chaîne, je laisse un peu de temps sur la route mais je reste troisième. Vers le 70ème Gael et Anaïs m’annoncent quatre minutes de retard sur la tête. Au bout de deux heures sur le vélo, la pluie cesse, quelques rayons de soleil pointent le bout de leur nez, je me réchauffe un peu et forcément je commence à me sentir mieux. . Au 120ème j’ai six minutes trente de retard sur la tête et deux minutes d’avance sur le quatrième. Au 150ème je n’ai plus que 5’30 de retard sur la tête et j’ai repris une minute sur mon poursuivant. Par contre au 160ème le parcours passe par un raidard qui m’explose les jambes, après celui-ci je n’ai plus de jus (à partir de là et jusqu’à la fin du vélo je perds sept points sur ma moyenne de puissance). En arrivant sur le dernier rond point, je ne sais pas quelle sortie prendre, je vois des cônes sur la première j’y vais… Quelques centaines de mètres plus loin un spectateur en vélo me rattrape et me dit que je me suis trompé de route ! Il me dit également que je peux couper pour me remettre sur le parcours, mais je préfère faire demi tour et me remettre en conformité correctement. Pendant ce temps là le cinquième et le quatrième me sont passés devant. Vu la façon dont j’ai couru le marathon, ne pas me tromper de route n’aurait rien changé à ma place finale, mais sur le moment ça met quand même un coup au moral. Je ne suis pas le seul à qui cette mésaventure est arrivée. Les filles qui étaient deuxième et troisième se sont retrouvées à un moment dixième !!!

Sur la deuxième transition je ne suis pas très efficace, je me trompe même de sac et je ne m’en rends compte qu’au moment de tout déballer… Le temps de tout ranger et de retourner chercher le bon me fait perdre encore quelques secondes.

Je m’élance à neuf minutes de la tête et deux minutes du quatrième, Victor Del Corral. Je n’ai pas réussi à courir de la façon souhaitée, je n’avais plus de jus. C’est la première fois que ça m’arrive et c’est très frustrant. Je cours le marathon en 3h05 avec une moyenne de pulsations à 132 battements par minute pour un maximum à 143. A titre de comparaison,  à Busselton j’avais fait 151 bpm my et un max à 173. J’arrive malgré tout à conserver cette cinquième place et je termine la course en 9h09.

Ce résultat ne suffira certainement pas à être qualifié fin juillet pour Kona. J’avais dit que je ne tenterais pas de passer fin août s’il me manquait des points, mais j’ai changé d’avis. Je pense aller faire un half d’ici quelques semaines pour ne rien regretter fin août !

Pour terminer ce séjour en Angleterre en beauté, les bagages d’Anaïs et les miens ne sont toujours pas arrivés !!

A bientôt pour de nouvelles aventures !!

Denis.

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